Un Dieu qui prend plaisir en toi

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Essai

"Nous ne sommes pas aimés parce que nous sommes saints; nous pouvons devenir saints parce que nous sommes aimés." La phrase semble simple, mais cet ordre peut changer toute notre manière de vivre devant Dieu. Quand la sainteté devient la condition pour être aimé, la foi devient vite inquiète. Mais quand l’amour vient en premier, la sainteté n’est plus une image que l’on fabrique de force pour être approuvé par Dieu. Elle devient un fruit qui pousse naturellement dans l’amour.

Beaucoup de personnes portent au fond d’elles l’impression que Dieu est toujours en colère contre elles. Elles confessent que Dieu est amour, mais quand elles se tiennent réellement devant lui, une autre pensée monte d’abord: Dieu doit être mécontent de moi, ou bien: je l’ai encore déçu. Alors s’approcher de Dieu ne semble pas libre. Quand tout va bien, elles osent peut-être s’approcher un peu. Quand elles échouent, elles veulent plutôt se cacher.

L’Évangile ne nous laisse pas avec cette image de Dieu. En Jésus-Christ, Dieu nous a d’abord accueillis, il a fait de nous ses enfants, et il nous a appelés dans son amour. Nous devons encore nous repentir, grandir et être sanctifiés. Mais ce changement ne commence pas quand nous essayons de prouver que nous méritons l’amour de Dieu. Il commence quand nous venons à Dieu comme des personnes déjà aimées en Christ.

C’est pourquoi la justification et l’adoption viennent d’abord. Dieu n’attend pas que nous soyons assez saints pour enfin nous recevoir comme ses enfants. Il nous déclare d’abord justes et nous accueille comme les siens. Ensuite, dans la maison du Père, nous commençons à grandir. Nous ne changeons pas pour devenir des enfants; nous commençons à changer parce que nous sommes déjà devenus ses enfants.

Quand cet ordre est inversé, la foi devient facilement légaliste. Nous avons l’impression de devoir être saints pour être aimés, bien faire pour être acceptés, et ne pas échouer pour nous approcher de Dieu. Alors la repentance ne ressemble plus au chemin du retour vers la vie. Elle ressemble à l’entrée dans un lieu où l’on va être grondé. Au lieu de courir vers Dieu avec notre péché, nous le cachons et nous faisons semblant d’aller bien.

Mais quand nous connaissons le Dieu qui se réjouit de nous, notre réponse change. Si nous croyons que Dieu nous accueille en Jésus, nous pouvons aller vers lui même après avoir échoué. Cela ne veut pas dire prendre le péché à la légère. Cela veut dire que nous pouvons le traiter plus honnêtement. Celui qui a peur de perdre l’amour a du mal à mettre son péché en lumière. Celui qui se sait aimé peut venir à Dieu avec son péché, le confesser et être restauré.

La sainteté reste importante. L’Évangile n’est pas une permission de vivre n’importe comment. Mais la racine de la sainteté change. Ce n’est plus une sainteté tenue par la peur. C’est la sainteté d’une personne aimée qui commence à désirer ressembler à Dieu. Savoir que Dieu se réjouit de nous ne nous rend pas légers spirituellement; cela nous donne envie de nous approcher davantage de lui.

Cet ordre compte aussi beaucoup dans le ministère et l’accompagnement. Si nous perdons l’Évangile, nous pouvons rendre les gens plus stricts sans forcément les rapprocher de Dieu. Un bon ministère ne laisse pas l’impression que Dieu est toujours en colère. Il parle du péché tout en ouvrant le chemin du retour vers Dieu. Il parle de sainteté comme d’une sainteté qui grandit depuis la place de ceux qui sont aimés.

Au bout du compte, le Dieu que nous devons contempler est le Père qui nous accueille et se réjouit de nous par Jésus-Christ. Quand une personne rencontre ce Père, elle ne traite pas le péché comme une petite chose. Elle reçoit plutôt le courage de ne plus se cacher et de venir devant le Seigneur. La sainteté n’est pas la condition pour être aimé; elle est le fruit qui pousse dans la vie de quelqu’un déjà aimé dans les bras du Père.

Notes de contenu

1. La sainteté n’est pas la condition pour être aimé

2. La justification et l’adoption précèdent le changement de vie

3. La foi commence par ce que Dieu a fait, non par mes résultats

4. L’image d’un Dieu toujours en colère durcit la foi

5. Une atmosphère légaliste rend la repentance pesante

6. L’Évangile nous montre un Dieu qui se réjouit

7. Nous devons entrer dans la logique de la nouvelle alliance

8. Celui qui connaît le Dieu qui se réjouit court vers lui

9. Les duretés culturelles doivent aussi être guéries par l’Évangile

10. La liberté de s’approcher de Dieu est un fruit de l’Évangile

11. La sanctification est la croissance d’une personne aimée

12. Un serviteur de l’Évangile conduit les personnes vers Dieu

13. Un bon ministère ne rend pas les personnes plus craintives devant Dieu

14. La conclusion est de regarder le Père qui se réjouit de nous

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